Déploiement

Lentement, il étire mon bras au-dessus de ma tête. Sa main embrassse mon poignet avec une fermeté contenue, installant, maintenant une tension extrêmement délectable entre le ventre et le bout des doigts. Il pose une main assurée et solide sur mon ventre, glisse patiemment vers le côté, remonte le flanc, puis le bras. Le constraste entre l’étirement de du corps et la pression de la main sur celui-ci est jouissif. Au deuxième ou troisième passage de sa main, je ne sais retenir mon corps de rouler sur lui-même. Il me déplie délicatement, plaque ma hanche droite résolument au sol, et refait le chemin du ventre au bout des doigts avec la bouche, laissant traîner parfois ses lèvres, parfois ses dents le long de mon épiderme transporté.

Remuement

Il se tient derrière moi. Très près derrière moi. L’impression que son corps touche le mien tout en ne le touchant pas, qu’il m’étreint sans même m’effleurer. Son cou emboîté contre ma nuque. Sa bouche tout près de mon oreille. Un fragment d’interstice rempli d’un désir qui se repaît dans sa retenu. Le jour suivant, le souvenir de ce moment rend les jambes flageolantes. Quelque chose comme une amplitude traverse le corps, l’habite en oxymore.