Maturation

Deux portes de garage en bois de couleur cuivre intense entourée de brique grise.
#ruelle #montréal

Mon projet fou à l’égard de la #dérive(s) aura été de vouloir toutes les archiver dans mon site Web (cette phrase va énerver Yan: « la » + « (s) » + pronom pluriel, c’est pas rien!); celui du coconspirateur: de réviser toutes les entrées pour s’assurer que les lieux uniques possèdent un seul identifiant (#steCatherine, #sainteCatherine, #steCath, etc.).

Ma tête d’autiste s’est aussi manifestée lors de notre #fieldTrip. Pour les #dérive(s) de ruelles, j’ai noté les quatre rues adjacentes, rien de moins. Le présupposé étant que les gens puissent retrouver le lieu de la #dérive(s). Comme si #sainteCatherine, même accompagné d’un nom de quartier, pourrait permettre de retrouver le menu détail peut-être même éphémère qui a été l’objet de ladite #dérive(s).

Aujourd’hui, j’ai fait une longue balade de ruelles. J’ai pris plusieurs photos. Pendant un moment, je me suis inquiétée de ne pas savoir exactement dans quel quartier je me trouvais. Ou si j’avais pris des photos dans plus d’un quartier. Et de n’avoir pas conséquent pas de mot-clic de lieu précis. Mais #ruelle + #montréal est maintenant une modalité acceptable pour moi. Vous n’aurez qu’à vous farcir toutes les ruelles de Montréal si vous avez envie de retrouver le lieu. Vous ne le trouverez probablement pas, mais vous aurez très certainement plusieurs occasion de vous réjouir et de vous enchanter.

La loi

— C’est la loi, Madame!

C’est au moins la troisième fois qu’elle me le crie de derrière son plexiglas.

Je tente de placer un mot pour expliquer: je suis autiste, j’utilise mon propre antiseptique pour éviter les surcharges sensorielles que me causent les gels et savons fournis par les commerces. Peine perdue.

J’ai envie de beugler comme une défoncée. La loi, elle dit aussi que j’ai le droit à l’égalité et, par conséquent, à des accommodements.

J’ai envie de beugler comme une défoncée, mais la semaine a été pénible.

J’ai envie de beugler comme une défoncée, mais je suis épuisée.

J’ai envie de beugler comme une défoncée pour défendre mes droits, mais ça me mettrait à terre pour plusieurs jours.

Je préfère garder ce qui me reste d’énergie pour apprécier les moments que je dois passer avec des potes pendant le week-end.

Je n’ai même pas la force d’inventer ici une histoire dans laquelle je ferais une réponse pleine d’esprit à la vendeuse du Rona. Je me contenterai de demander un remboursement du produit que je n’ai pas pu récupérer et de mettre un avis négatif dans Google.

La vie d’autiste, c’est parfois ça: ta fibre militante en prend pour son rhume parce que ta réserve de petites cuillères pour la journée est à sec.