Déception

Dans le haut d'une fenêtre, un dessin donne l'impression qu'un chat se tient sur le cadre.

Avec le coconspirateur, on se balade.

Devant nous, un chat miaule. Je m’arrête, me penche et tends la main pour indiquer que j’offre volontiers des câlins.

La bête se met rapidement en marche vers nous, miaulant toujours; passe entre nous deux, nous ignorant royalement; et poursuit son chemin, miaulant encore.

Le coconspirateur est mort de rire; je maudis la bête entre mes dents. J’ai du respect pour la nature indépendante des chats; j’ai une dent contre les aguicheurs qui ne livrent pas la marchandise. Tst.

A deceptive cat, une image de Stephen Craven (cc by-sa 2.0)

Coït impromptu

Gros plan décentré d'un interrupteur mural.

— « Demisexuelle », ça veut-tu dire que tu pratiques le coït interrompu?

Gros, gros, gros soupir.

Mon petit poulet: vraiment? T’es assez grand pour te faire un profil dans un site de rencontres et t’es pas foutu de faire usage d’un moteur de recherche Web avant de m’écrire des âneries?

Delete.

interruptor, une image de Rodrigo Denúbila (cc by-sa 2.0)

Vitesse d’exécution?

Un chat se promène sur le toit d'un abri tempo.

Un insolite squelette d’abri tempo surplombe, plutôt que l’attendu morceau d’asphalte, un bout de gazon. On passe devant pour la énième fois avec la covacancière adorée. Pour la énième fois, je me dis que je devrais bien faire une #dérive(s) au sujet de l’étrange et incongrue carcasse.

La covacancière suggère qu’on enrôle la joyeuse tribu pour éventuellement démanteler la chose. L’idée m’emballe. Je suggère qu’on remonte le squelette au 88 Dead Ends Drive, Rockport, Texas. On rigole bien.

La #dérive(s) a connu son lot de projets plus ou moins ambitieux, plus ou moins réalisés, plus ou moins avortés, plus ou moins abandonnés. Faut croire que de fomenter lesdits projets nous amuse plus que de les réaliser concrètement.

Quoi que. Si le squelette tempo était l’excuse nécessaire à la réalisation du road trip passant par tous les Paris nord-américains pour se rendre au 88 Dead Ends Drive, je serais très divertie. Joyeuse tribu?

Tempo Shelter Wanderer, une image de Pierre A Renaud (cc 2.0 by-nc-nd)

Empathie

Un cochon repose, les yeux fermés béatement, dans un bain de boue.

On discute émotions. Parce qu’on est réputées, réputés ne pas en avoir. Ou moins. Ou peu. Ou ne pas être en mesure de les reconnaître, de les dire. Peu importe. On est dans le même bateau de celles et de ceux pour qui les émotions ne se vivent pas comme c’est le cas pour la moyenne des ours.

Elle demande comment il est possible de trouver le bonheur. On lui conseille des cours en ligne sur le bonheur, des diagrammes représentant des émotions et leurs (trop!) nombreuses variantes, de la thérapie. Une réponse m’émeut: « I find contentment ».

J’ai un élan d’empathie envers l’auteur. Oui, pour moi aussi, le contentement est ce qui se rapproche le plus du bonheur. Pas d’explosion, pas de débordement, pas d’euphorie. Juste le sentiment de ne désirer, pour le moment, rien d’autre; d’apprécier ce qui est, là, maintenant.

Je vais voir le profil du type. Si j’étais typique, je vous dirais que je suis sonnée, sur le cul, que je tombe en bas de mes souliers et de ma chaise, le cul par terre, la plotte en-dessous des bras. Il habite le bible belt et adhère aux valeurs conservatrices qui caractérisent ladite ceinture symbolique.

Je ne suis pas typique. Je me contente de constater qu’il est possible de se trouver des points communs avec les gens les plus improbables. D’une certaine façon, c’est rassurant. Presque.

Contentment, une image de Mark Robinson (cc by-nc 2.0)