Rencontre virtuelle no 2

Gros plan d'oeufs bénédictine, accompagnés de bacon et de verdure.

Carlito est à la maison. Je l’ai invité pour le brunch: oeufs bénédictine avec avocats, patates rôties, verdure en vinaigrette. J’ai pris la peine de déplacer la table pour qu’on baigne dans la lumière du soleil. On la déplacera quelques fois pour restés dans la lumière du soleil. Il a apporté de quoi faire des mimosas. Je ne suis pas très mousseux, règle générale, mais, avec du jus d’orange et au gré d’une occasion spéciale, je suis preneuse et j’apprécie.

On passe la fin de l’après-midi à se balader dans le quartier. À discuter de tout et de rien: aventures respectives du côté des relations dites romantiques et détour attendu du côté de l’anarchie relationnelle; vie universitaire; travail; enjeux éthiques; peurs et espoirs; critique acerbe de l’humanité; etc.

Plutôt que de nous quitter après quelques heures, vies occupées obligent, on reste encore ensemble. Je propose de faire venir de l’éthiopien et de finalement regarder Torch Song Trilogy, mon feel good movie of all time dont je lui parle depuis trois éternités. Ce qu’on fait. Devant, le film, sur le divan, on est collé-collé, comme dans les plus grands clichés de sites de rencontres. M’en fout. Des semaines de distanciation physique et d’isolement social m’ont fait oublier mon côté autiste sauvage et distante.

Eggs Benedict with Bacon, Alpha from Melbourne, Australia / CC BY-SA

Rencontre virtuelle no 1

Carte postale ancienne, en noir et blanc, de la place Porte-Neuve et de la rue Émile-Augier à Valence, en France.

Je suis avec la covacancière adorée. On s’offre une spéciale no 2 de chez Marconi: « Toute garnie + bacon et oignons » et une bouteille de rouge. On s’est rappelé, avec une certaine horreur mais surtout des fous rires intenses, la fois où je m’étais trompée de spéciale et que j’avais commandé la no 1: « Toute garnie + sauce à la viande et olives vertes ». La viande hachée sur la pizza devrait être considérée comme une offense criminelle. Beurk.

Après la pizz’, on sort marcher. Arrivées coin Augier et des Écores, on s’émerveille, pour la énième fois, devant l’incongruité de l’intersection: un gros carré de béton qui ressemble plus à une place manquée qu’à une intersection. C’est comme si on avait oublié un bout de rue et une ou deux maisons pour en faire une intersection digne de ce nom. Ou des arbres, ou de la verdure, ou quelques bancs, une oeuvre d’art public pour en faire une place digne de ce nom.

Quelques pas plus loin, vers l’est, sur Augier, on s’arrête un moment devant le disco-stop: un panneau d’arrêt entourée d’un fil lumineux clignotant qui rappelle plus la décoration de Noël que le panneau routier. Tout aussi incongru que la pas-tout-à-fait-intersection-pas-tout-à-fait-place. Il nous réjouit à chaque fois, ce disco-stop.

Autre incongruité, ponctuelle et circonstancielle celle-là: j’ai entrecroisé mon bras avec celui de la covacancière et je me colle à elle, tête sur son épaule. Des semaines de distanciation physique et d’isolement social m’ont fait oublier mon côté autiste sauvage et distante.

VALENCE. Place Porte-Neuve et Rue Émile-Augier (Médiathèques Valence Romans agglomération / No restrictions)