Rupture

Une femme marche dans un corridor, rigolant. Une surimpression donne un effet fantôme.

Je prends tous les gants blancs dont je suis capable tout en demeurant moi-même. J’expose le pourquoi du comment. Je ne souhaite pas blesser, juste expliquer. Tout ça me prend beaucoup de temps et d’énergie: autisme oblige.

La réponse est cinglante. Le fait que je ne souhaite pas poursuivre ce début de relation est considéré comme un changement brusque à 360 degrés. Le type précise:

— C’est à mettre sur le compte de l’autisme je suppose.

Tu supposes? Ben non, crisse, c’est pas à mettre sur le compte de l’autisme. Si j’t’avais fait le coup de la parfaite autiste, j’t’aurais ghosté sans plus de manières. Estie de neuronormativité à marde. Je fais l’effort d’être décente; en retour, c’est la claque en pleine face.

ghosting, une image de Kathryn Cartwright (cc by-sa 2.0)

Coup de théâtre

Sur l'image, on voit deux lettres, S et H, d'un panneau publicitaire au coin d'un immeuble.

La pièce est commencée depuis dix minutes et ils n’ont pas cessé de chuchoter derrière moi. J’ai tenté un « chut » relativement poli, sans effet. Je me retourne et leur demande de ne pas parler pendant la pièce. De toute évidence, ça les emmerde.

— Faut-tu arrêter d’rire aussi?

Je suis sur le point de leur adresser un doigt d’honneur quand un des comédiens décroche de son rôle et s’approche des gradins pour s’adresser aux gens derrière moi.

— Oui, crisse, faut qu’t’arrêtes de rire! Tu déranges tout le monde dans le théâtre, y compris nous autres sur scène, okay? T’as envie d’parler? Va prendre un café ou va au resto. T’as envie de rigoler? Va voir un show d’humour. Tu viens au théâtre? Ferme ta yeule, laisse-moi faire mon travail de comédien pis câlisse patience aux gens qui sont venus nous voir, okay?

Shush, une image de nshepheard (cc by-sa 2.0)