Périménopause metta

Funny Gull, une photo de Kurt Bauschardt (cc by-sa 2.0)

Ce matin, pour la ixième fois, j’ai peiné à faire fitter le couvercle du pot de plastique sur ledit pot de plastique. D’hab’, je prends la planche de bois, je la mets sur ledit couvercle et j’y dépose tranquillement le poids de mon corps. Ce matin, ça n’a pas fonctionné. La preuve: la marinade que je tentais de mélanger aux cubes de tofu en shakant le pot a coulé. Je me suis faché. J’ai remis le pot et son couvercle récalcitrant sur le comptoir. J’ai pris la planche de bois à deux mains. Et j’ai tapé férocement sur le pot et son couvercle récalcitrant. Ce qui a fait éclaté le pot (mais pas le couvercle récalcitrant) et répandu la marinade partout dans la cuisine.

Plutôt que de me mettre encore plus en colère, j’ai béni ma rencontre avec l’interprétation féministe de la colère ménopausale et la méditation metta. Parce que j’ai accepté la légitimité de ma colère contre un pot de plastique qui me fait royalement chier depuis des années (pot que j’aurais dû jeter par la fenêtre il y a bien longtemps, mais un souci écologique me faisait m’obstiner). Et j’ai accueilli cette colère avec bienveillance à mon égard.

— Tu vois, maintenant, tu n’auras plus à te soucier de ce pot malfaisant.

Bon, maintenant, je m’en vais poser une bombe chez Ziploc (ma pratique metta demande encore à être affinée… et j’ai eu maille à partir avec quelques fermetures de sacs au cours des ans: d’une pierre deux coups!).

Funny Gull, une photo de Kurt Bauschardt (cc by-sa 2.0)